Web www.claude-bolling.com

 

 



INDEX DES ALBUMS

Original Boogie-Woogie
Original Ragtime
Claude Bolling Plays Original Piano Greats
Original Blues

 

Original Ragtime - Claude Bolling piano

[ Commander le CD ]

Original Ragtime (1966)
Claude Bolling piano

A l’aube à peine naissance du vingtième siècle, l’Amérique donna le jour au « ragtime », et bientôt l’Europe du Président Loubet, d’Edouard VII et du Kaiser, faisait connaissance avec ce « pas du chiffon », joyeusement syncopé, sur lequel se dansèrent vingt ans durant le « cake walk », le « turkey trot », le « bunny hug », le « Texas tommy », le « grizzly bear », le « kangaroo hop », et enfin le « fox-trot ».

Si l’orchestre de John Philip Sousa avait sensibilisé Paris au « cake walk » lors des fastes de l’Exposition Universelle de 1900, c’est au cours de l’hiver 1902-1903, qu’au Nouveau Cirque de la rue St Honoré, la « grande pantomime nautique américaine » « Joyeux Nègres » imposa aux salons de la capitale, la nouvelle folie yankee ; et entre deux valses et une scottische, les « nuitards » et autres « bambocheurs » de la prétendue « Belle Epoque » apprirent à se déhancher au rythme barbare de la « danse du gâteau ».

Fragson, Mayol, Mistinguett, et le compositeur Christiné furent les apôtres du « rag-time » dans une France divisée par l’affaire des Congrégations, fanantisée par Sarah Bernhardt, passionnée par le premier Tour cycliste, scandalisée par Mme Thérèse Humbert…

« Le Cake Walk est un pas vraiment entraînant
Qui se danse en marchant clopin-clopant
Un ! Deux ! Trois !
On lance le ventre en avant
En t’nant les bras ballants
Comme un orang-outang
»

…chante Mistinguett à l’Eldorado, tandis que dans le « Figaro », Jule Claretie affirme sans un soupçon d’humour : « Hans Holbein, ne peindrait plus maintenant que le cake walk sur les murs du cimetière de Bâle. Le cake walk, c’est le grand galop final, le galop monstre des ambitions et des boulimies (…) Et à tout prendre, c’est aussi l’image même de toute la question sociale ».

La vogue du « rag-time » se prolongea sans faiblir jusqu’au lendemain de la Grande Guerre pour finir par se confondre avec la gloire montante du jazz.

… Soixante ans et plus se sont écoulés, le « rag-time » a subi son purgatoire, voire son enfer.

Dans les années soixante, aux Etats-Unis, cette musique de Scott Joplin, l’immortel compositeur de « Maple Leaf Rag » comparait volontiers aux œuvres de Bach ou de Mozart, connaît une faveur nouvelle et à jamais irréversible.

Pour aimer le ragtime plus qu’aucune autre forme musicale connue, je suis heureux d’écrire cette préface au vrai premier disque consacré en France à cet art précieux et délicat, par mon ami Claude Bolling. Que l’on ne s’attende pas à trouver tout au long de ce merveilleux album, l’abominable massacre pianistique qui consiste à jouer « à fond la cale » sur un instrument volontairement désaccordé des « rags » au demeurant charmants, et de les rendre ainsi méconnaissables à force de mauvais goût et de pseudo virtuosité.

Claude Bolling en interprète subtil n’a pas oublié de faire sienne la devise cent fois rappelée par Scott Joplin en exergue de ses compositions : « Do not play this piece fast. It is never right to play « Ragtime » fast », et a su avec intelligence et sensibilité donner un sang neuf à ces « rags » qui n’attendaient que son talent pour « balancer » et « chauffer » comme au bon vieux temps.

Jean-Christophe Averty

Index | Piano solo | Piano trio | Crossover music | Big Band | Contes musicaux | Musiques de films | Vidéos musicales

 

Original Boogie-Woogie - Claude Bolling piano

[ Commander le CD ]

Original Boogie-Woogie (1968)
Claude Bolling piano

Après avoir sacrifié au culte du ragtime au culte du Ragtime, Claude Bolling s’est plu cette fois à rendre hommage -et de quelle vivante et authentique manière !- aux obscurs artistes qui, voici un demi-siècle, promurent dans le Middle-West le plus pianistique des styles, connu vers la fin des années 20, sous le nom de « boogie-woogie ».

Les experts s’interrogeront longtemps sur les origines, et du mot et de cette forme musicale, issue presque exclusivement du «blues » (12 mesures), et dont le caractère principal est l’obsessionnel motif de basse exécuté par la main gauche du soliste, motif qui se résout généralement à la formule « Eight to the Bar » c’est à dire « huit croches par mesure ». Il va dans dire que la main droite ne chôme pas, et le plus souvent travaille dans l’ignorance feinte et rouée de ce que joue la main gauche ! Il en résulte d’extraordinaires effets de contre-point, et une impression quasi-diabolique de foisonnante liberté d’improvisation mélodique, de lutte rythmique permanente, de catastrophe harmonique.

Mais si l’on en croit le Dictionnaire de l’Argot américain, les mots « boogie » ou « boogie-woogie » ont, tout comme le mot « jazz », quelque parenté de bas étage avec l’expression la plus vulgaire du fait sexuel. Des recherches personnelles, plus nobles, nous ont fait découvrir que, très tôt, le terme « boogie » a été associé à la musique.

Que l’heureux possesseur de ce disque se réjouisse ! Jamais personne avant Claude Bolling n’avait interprété « Dardanella » avec un tel swing et dieu sait si cette « scie » fut moulue et remoulue au cours des « Roaring Twenties » !

Index | Piano solo | Piano trio | Crossover music | Big Band | Contes musicaux | Musiques de films | Vidéos musicales

 

Claude Bolling Plays Original Piano Greats

[ Commander le CD ]

Claude Bolling Plays Original Piano Greats (1972)
Claude Bolling piano

« Le jour où on me proposa d’enregistrer un album de ragtime, l’idée me plût, car je trouvais cette musique intéressante. Je me suis appliqué à me mettre dans la peau des musiciens qui ont joué jadis cette musique (…) C’est une expérience tout à fit passionnante que de découvrir à travers les traits propres à chaque pianiste la pensée et l’originalité de chacun » déclarait Claude Bolling à la revue Jazz-Hot en 1970. Il ne savait pas alors que viendrait s’ajouter le volume « Original Jazz Classics » qui serait suivi lui-même de « Plays the Original Piano Greats ».
Une entreprise à haut risque pour quelqu’un qui n’a rien d’un iconoclaste. Un trop grand respect envers les maîtres dont certains – Jelly Roll Morton, Fats Waller, Earl Hines, Willie Smith the Lion, Duke Ellington – sont précisément ceux qu’il a étudiés et qui l’ont influencé, aurait pu facilement conduire Bolling à exécuter une série de pastiches respectueux. Ce qu’il évite avec soin en choisissant de donner son propre point de vue sur les morceaux. Il passe ainsi à la moulinette du piano ‘stride’ le Preacher d’Horace Silver qui s’en port d’ailleurs fort bien et lorsqu’il évoque brièvement le fameux décalage entre main droite et main gauche d’Eroll Garner, il choisit de le faire non pas au cours de Misty comme la logique l’aurait voulu, mais durant King Porter Stomp, signé Jelly Roll Morton. Au fond, Bolling est capable de tout.

Alain Tercinet

Index | Piano solo | Piano trio | Crossover music | Big Band | Contes musicaux | Musiques de films | Vidéos musicales

 

Original Blues - Claude Bolling

[ Acheter le CD ]

Original Blues (2004)
Claude Bolling piano

Comme il en est souvent de la plupart des formes artistiques d’expression populaire, les origines du « BLUES » se perdent dans le nuit sans mémoire d’un siècle cependant tout proche. Depuis cinquant ans, les chercheurs, les mieux intentionnés et les plus sérieux, n’ont pas eu la chance de trouver ce ‘chaînon manquant’ qui leur aurait permis d’établir une irréfutable filiation poétique et musicale, entre le « BLUES » et les mélodies sacrées ou les chants séculiers, qui sans doute le précédèrent historiquement. Faute de témoignages enregistrés et même de descriptions circonstanciées, il est cependant plausible d’admettre que le BLUES, complainte folklorique nées des pauvres joies, du mal de vivre et du désespoir d’un groupe ethnique déraciné et socialement déchu (…) dut être balbutié, murmuré, fredonné, puis chanté à pleine voix au cours des années 1850, dans ces plantations et ces camps de concentration qui formaient alors le paysage sinistre et l’habitat lugubre de l’esclave noir américain. Chant tout à la fois mêlé de révolte, de résignation, d’amour et de haine, le BLUES est l’expression même du ‘cafard’, que l’on essaie en vain de surmonter et dont on en peut triompher que par une étrange homéopathie : celle qui consiste à chansonner son malheur pour s’en libérer…

Jean-Christophe Averty

Index | Piano solo | Piano trio | Crossover music | Big Band | Contes musicaux | Musiques de films | Vidéos musicales

 

Fremeaux & Associés
Accueil | Actualités | Biographie | Discographie | Concerts | Presse | Contacts | Liens | Media
Copyright © 2012 - Claude Bolling - Tous droits réservés
Spedidam